formats

Préparer notre société au vieillissement de la population

En 2060, une personne sur trois aura plus de 60 ans. Ce constat démographique nous impose de prendre les devants et d’adapter notre société au vieillissement. C’est l’objet du projet de loi qui a été débattu la semaine dernière à l’Assemblée nationale et qui a été adopté aujourd’hui.

Ce texte est le fruit d’une longue concertation avec les professionnels et les associations du secteur. Il innove et propose des solutions concrètes pour faciliter la vie des personnes âgées.

En 2002, c’est la gauche qui avait mis en place l’Allocation personnalisée d’Autonomie (APA). En 2014, c’est la gauche qui s’attèle à nouveau au chantier de la dépendance avec une vision globale et positive.

Pour anticiper la perte d’autonomie, il s’agit d’abord de repérer et combattre des facteurs comme l’isolement social ou les inégalités d’accès aux soins. Cela passe d’abord par une mobilisation nationale de lutte contre l’isolement des âgés avec le déploiement sur tout le territoire d’équipes citoyennes bénévoles. Un dispositif individualisé de prévention est mis en place pour tous les retraités ainsi qu’un plan national de prévention du suicide des âgés et de la dépression, des sujets encore tabous. Un plan national de santé sera activé pour sensibiliser les personnes âgées à une meilleure nutrition et au bon usage des médicaments.

La très grande majorité de nos aînés souhaite rester chez elle le plus longtemps possible. Pour rendre possible le maintien à domicile, l’offre de logement doit être considérablement adaptée au vieillissement. L’objectif est de permettre l’adaptation de 80 000 logements privés d’ici 2017. Pour cela, les subventions accordées par l’Agence nationale de l’habitat et la caisse d’assurance vieillesse seront renforcées. De plus, le crédit d’impôt et le microcrédit seront étendus aux personnes âgées à faibles revenus pour financer des travaux d’adaptation ou des dépenses d’équipement. Aujourd’hui les personnes âgées ne disposent que de deux options de logement : le domicile traditionnel ou la maison de retraite médicalisée. La loi vise à développer la solution intermédiaire que représente la résidence-autonomie en augmentant la part de prise en charge publique pour de tels établissements.

Le plafond de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) est relevé afin de diminuer significativement le coût des prestations à domicile pour les personnes les plus fragiles. Cette mesure toucherait 700 000 bénéficiaires supplémentaires, en plus des 1.2 million de personnes déjà bénéficiaires.

4,3 millions de personnes aident régulièrement au moins un de leurs proches âgé de 60 ans ou plus à domicile. Le projet de loi reconnaît le rôle joué par ces proches en instaurant une « aide au répit ». La mesure consiste à financer l’accueil ou l’hébergement, pour une période limitée, de la personne aidée dans une structure adaptée pour soulager les proches aidants.

Grâce à ce texte, le vieillissement n’est plus vu comme une charge mais au contraire comme permettant un nouveau développement via la « silver economy ». L’objectif est de faire de la France le leader mondial dans « l’économie de l’âge » et la protection des personnes fragiles.

Partagez...