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Difficultés du monde associatif

Cette semaine, après plusieurs mois de travaux parlementaires et de très nombreuses auditions, la commission d’enquête chargée d’étudier les difficultés du monde associatif dans la période de crise actuelle a remis son rapport au président de l’Assemblée, monsieur Claude Bartolone.

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La crise économique qui a cours depuis maintenant plusieurs années, et les choix concernant les dépenses publiques, ont touché de plein fouet les quelque 1,3 million d’associations que compte la France. La diminution des financements publics et la profonde modification de leur mode d’attribution ont contribué à affaiblir le tissu associatif, dans une période où l’action des associations était plus nécessaire que jamais.

De surcroît, l’emploi associatif, jusqu’alors très dynamique, a subi, dès 2010, les effets de la crise économique. Les pertes d’emplois qu’a connues le monde associatif doivent faire l’objet d’une attention particulière, dans la mesure où ce secteur représente aujourd’hui 10 % de l’emploi privé en France.

L’apport de la vie associative à notre démocratie n’est plus à démontrer, tant les associations constituent une composante essentielle de la société. Quel que soit le domaine dans lequel elles sont amenées à intervenir, les associations créent chaque fois du lien social, renforcent l’exercice de la citoyenneté et sont bien souvent synonymes de vitalité économique. Au-delà, elles répondent également à certains besoins de la population que la puissance publique comme le secteur privé ne prennent pas ou plus en charge.

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Le dynamisme du mouvement associatif est également à souligner. Depuis les années 1990, il se crée entre 60 000 et 73 000 associations par an. Toutefois, on constate, depuis 2009, une diminution des créations d’associations, tendance qui tend toutefois à être démentie par la reprise observée en 2012 et 2013.

Les associations sont un élément primordial du lien social. En cela, les quelque 12 millions de bénévoles qui les animent sont un réel facteur de cohésion sociale en France. Il convient également de noter que la grande majorité des associations ne fonctionne qu’avec l’aide précieuse de ces bénévoles, ce qui témoigne également de l’importance que revêt le bénévolat pour le monde associatif aujourd’hui. Une récente étude indique d’ailleurs que le nombre de bénévoles associatifs a augmenté de 12 % depuis 2010. Ce constat appelle donc à relativiser la « crise du bénévolat » déplorée par certains. S’il est vrai que le bénévolat direct, hors cadre associatif, a connu une progression plus forte encore au cours de cette période de crise, il n’en reste pas moins que les associations ont également bénéficié de l’élan de solidarité qui a animé les Français au cours des dernières années.

Les associations sont également un moteur de l’emploi. En effet, si les associations employeuses sont peu nombreuses aujourd’hui – environ 165 000 associations seulement emploient des salariés –, elles représentent près de 10 % de l’emploi salarié privé, soit une valeur proche de certains secteurs clés de l’économie comme la construction.

Les associations sont aussi un facteur de croissance, puisqu’elles créent, selon les estimations, environ 3 % à 4 % du produit intérieur brut (PIB). Elles apparaissent également comme un acteur de premier plan de l’économie sociale et solidaire, secteur particulier de notre économie qui regroupe les associations, les fondations, les mutuelles, les coopératives et, bientôt, certaines entreprises. En effet, les associations représentent, en termes d’établissements employeurs comme de salariés, environ 80 % de ce secteur porteur qui emploie plus de 2,3 millions de salariés et génère à lui seul près de 8 % du PIB. L’importance de l’activité associative du point de vue économique ne doit donc pas être négligée.

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