formats

Les avancées de la COP 21

J’ai participé mercredi 9 décembre à la Conférence de Paris sur le climat (COP21) au Bourget.

Celle-ci doit aboutir à un accord pour accélérer la transition écologique et assurer que l’augmentation de la température moyenne restera en-dessous de 2°C.

Comme l’a dit le Président de la République: « Aujourd’hui c’est le temps des décisions, ce n’est plus le temps des expertises […] c’est l’instant décisif ». A deux jours de la fin de la conférence de Paris pour le climat, un projet d’accord a ainsi été soumis ce mercredi aux négociateurs des 195 pays. Le texte s’efforce de refléter les compromis naissants. Son objectif est de permettre d’avoir une vision d’ensemble des progrès et de se concentrer sur les questions politiques encore à régler. Le texte a été ramené de 43 à 29 pages et les « trois quarts des points » non résolus ont été supprimés. Des progrès ont été fait mais il reste encore pas mal de travail avant vendredi soir, date de la fin de la COP21, notamment sur les financements, le niveau d’ambition de l’accord, l’aide financière aux pays du Sud ou la répartition des efforts entre pays développés et en développement, comme l’a souligné Laurent Fabius. La diplomatie française souhaite que la première des révisions puisse se tenir avant même que l’accord ne devienne effectif, c’est-à-dire avant 2020.

La Ministre de l’Écologie Ségolène Royal s’est félicitée du « succès » des solutions proposées par les acteurs étatiques et non-étatiques en faveur d’une économie plus sobre en carbone, dans le cadre du Plan d’actions Lima-Paris (LPAA) autrement appelé Agenda des solutions. Elle a notamment souligné la mobilisation massive des acteurs non-étatiques (collectivités, entreprises, investisseurs privés, agriculteurs, société civile…).

« Le LPAA est un processus inédit dans une COP. Il montre qu’il est possible d’engager des actions concrètes avant même l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris en 2020″, a déclaré la ministre.

Ségolène Royal a dressé le bilan des initiatives annoncées lors des 12 événements thématiques (forêts, agriculture, eau et océans, transport, bâtiment, finance privée, innovation bas carbone, etc.) qui se sont tenus du 1er au 8 décembre au Bourget, en marge des négociations des États parties de la COP 21.

En particulier, le Pacte de Paris sur l’eau et l’adaptation a été signé par 303 participants de 87 pays. Pour la première fois dans l’histoire d’une COP, les enjeux de l’eau se sont trouvés pleinement pris en compte. La France a mobilisé des acteurs de tous les niveaux pour qu’ils prennent des engagements pour l’eau et l’adaptation au changement climatique (les organismes de bassin, les villes, secteur privé, les institutions de financement, la société civile et les jeunes). Cela a permis de mobiliser plus de 20 millions de dollars en assistance technique et plus d’un milliard de dollars en financement.

On compte aujourd’hui « plus de 70 initiatives coopératives, auxquelles participent plus de 10.000 acteurs provenant de plus de 180 pays », a-t-elle précisé. Près de 7.000 engagements « individuels concrets » sont inscrits sur la plateforme Nazca (Zone des acteurs non-étatiques pour l’action pour le climat) : soit 2.250 villes, 150 régions, 2.025 entreprises, 424 investisseurs et 235 organisations de la société civile mobilisés. 7.000 collectivités se sont également engagées dans un plan climat.

50 dirigeants dans 65 pays et 30 secteurs entendent « fixer des objectifs contraignants d’action pour le climat », a-t-elle souligné. Plus d’un tiers (609) des 2.000 plus grandes entreprises mondiales se sont également engagées sur Nazca. « Leur poids économique équivaut aux PIB additionnés de la Chine, l’Allemagne et Japon ».

La Ministre se veut malgré tout vigilante sur la façon dont les entreprises « s’engagent en faveur de la croissance verte, sans faire de greenwashing » face aux critiques des ONG. « Mais beaucoup d’entre elles comprennent que le coût de l’inaction est plus élevé que le coût de l’action », a-t-elle ajouté.

L’Agenda des solutions participe également aux financements et aux transferts de technologies propres. « Des centaines de milliards de dollars sont réorientés pour investir dans l’économie bas carbone et résiliente ».

Le Plan d’actions Lima-Paris « a dépassé toutes ses espérances. Il doit se poursuivre et faire l’objet d’un suivi régulier », a souligné Ségolène Royal.

L’ONU a fixé un rendez-vous début 2016 portant sur ses perspectives, avant de passer le relais au Maroc qui accueillera la COP 22 à Marrakech en novembre 2016.

 

Partagez...