formats

Proposition de loi visant à instituer des funérailles républicaines

La proposition de loi visant à instituer des funérailles républicaines portée par Hervé Féron a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale ce mardi. J’en suis cosignataire.

Elle a été votée avec l’appui du groupe SER et l’abstention « bienveillante » d’une grande partie de l’opposition de droite. Le texte vise à conférer l’obligation aux communes de mettre à la disposition des familles qui en font la demande une salle pour la cérémonie d’obsèques civiles, à la condition qu’elles disposent déjà d’une salle adéquate.

Un officier d’état civil, qu’il s’agisse du maire ou d’un conseiller municipal, pourra également être sollicité pour faire un discours solennel, si les familles en expriment le souhait. Cette PPL répond à une demande croissante des Français. Les familles confrontées au deuil sollicitent de plus en plus les mairies pour l’organisation de cérémonies civiles. En effet, les citoyens qui ne se réclament d’aucune religion se trouvent démunis et attendent de notre République qu’elle leur offre des perspectives pour accompagner leurs morts.

Pour prendre quelques chiffres, 30% des obsèques sont civiles à la demande des familles (elles étaient 25% en 2008) et 53 % des familles qui recourent à la crémation choisissent une cérémonie non-religieuse. Malgré cela, les options s’offrant aux familles souhaitant organiser des obsèques civiles restent encore très limitées, et ces dernières sont souvent contraintes d’accepter des obsèques religieuses.

Organiser un dernier hommage au défunt autour d’un rituel funèbre civil peut être un apaisement pour la famille par la solennité qui s’en dégage et le soutien apporté. Jusqu’alors, seules les pompes funèbres jouaient un rôle clef dans ce type de cérémonie. La République française se doit de prendre en charge, comme elle le fait pour les naissances, les mariages, voire même les parrainages civils, un rite propre pour commémorer la mort de ses citoyens. Cet acte républicain est un service aux citoyens qui n’appelle pas de participation financière. Le texte sera examiné prochainement au Sénat.

Partagez...