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Cette semaine à l’assemblée…

Comme vous l’avez probablement suivi dans l’actualité, le Premier ministre Manuel Valls a démissionné mardi, aussitôt remplacé par celui qui lui avait déjà succédé place Beauvau, Bernard Cazeneuve. Ce qui n’a pas manqué de chambouler l’agenda parlementaire puisque mardi la séance de questions au gouvernement a tout simplement été annulée. En lieu et place de la traditionnelle séance de QAG, le Président de la Chambre a fait une brève allocution.

Mardi matin, en réunion de groupe, nous avons échangé avec Mickael Roth, secrétaire d’État allemand aux Affaires Européennes et Harlem Désir, secrétaire d’État charge des Affaires Européennes. Comme je l’ai écrit plus haut, la séance de « QAG » a été annulée en raison du remaniement ministériel. Remaniement qui a vu l’entrée au gouvernement de notre président de groupe, Bruno Le Roux, qui s’installe au Ministère de l’Intérieur. Un nouveau président, ou une nouvelle présidente, sera désigné(e) mardi 13 décembre par un vote des membres du groupe Socialiste, écologiste et républicain.

Mardi après-midi j’ai participé aux 7e rencontres de la Laïcité : « Les réussites de la laïcité face aux fondamentalismes ». Un temps de dialogue particulièrement intéressant en cette période où la laïcité est mise à mal par de prosélytes orthodoxes de toutes confessions.

Face à la remise en cause des valeurs de la République, les intervenants de ces 7èmes rencontres ont délivré des témoignages d’espoir, tirés de leurs expériences dans les quartiers notamment. Néanmoins, beaucoup reste à faire, car comme l’a rappelé J. Glavany, une double tenaille menace la République : l’extrémisme religieux et la montée de l’extrême droite.

Le constat est clair. La laïcité en France est menacée par une double tentation identitaire. Celle du fanatisme religieux, avec l’émergence d’un catholicisme réactionnaire et d’un terrorisme islamique. L’autre menace est l’interprétation usurpée de la laïcité que fait l’extrême droite, a rappelé Gilles Clavreul.

Les représentants de la société civile présents ont validé ce constat. Ils s’y confrontent quotidiennement, dans les quartiers populaires où la République recule devant des valeurs religieuses archaïques répandues par les salafistes. « Nous avons échoué dans la transmissions des valeurs de la République » a reconnu Cyprien Fontvielle, directeur de la Fondation du Camp des Milles à Aix-en-Provence.

Mais il y a des améliorations aussi. Et ce message d’espoir a été chaudement applaudi par l’assistance lorsque Habla Lassouani, directrice de l’association Passage, qui œuvre pour la prévention et la lutte contre la radicalisation à Thionville, a reconnu que « l’on parle davantage des valeurs de la République dans les quartiers depuis les attentats ».

Oui, « la majorité des musulmans respectent les lois de la République et ne demandent pas d’aménagements spécifiques pour leur religion », a de son côté souligné Amine El-Khatmi, adjoint à la maire d’Avignon en charge des quartiers. Mais face à eux se trouvent une minorité agissante et bruyante qui ne recule devant aucune provocation et place la charia au-dessus des lois républicaines.

Les échanges se sont poursuivis par un débat entre Jean Glavany et Jean-Louis Bianco. Parfois opposés sur la question, ils ont convenus que la laïcité, pour vivre, ne devait pas se cantonner à des principes juridiques. Elle doit aussi incarner « des valeurs, de l’humanisme » a insisté Jean-Louis Bianco.

Caroline Fourest a conclu cette rencontre par un vibrant plaidoyer pour une « laïcité de combat », « il faut un corps des combattants laïcs », a-t-elle martelé. Elle a par ailleurs rappelé, tout comme Jean Glavany, la brutalité du combat qu’il a fallu mener en 1905 contre le cléricalisme et qu’il faudra mener aujourd’hui contre l’islam politique et radical et la droite extrême religieuse qui veut imposer ses valeurs chrétiennes dans le débat public.

Mercredi, nous avons examiné en séance publique le projet de loi de finances rectificatives (PLFR), adopté par l’Assemblée nationale dans la nuit de mercredi à jeudi. Il va désormais partir au Sénat. L’un des mesures phares de ce PLFR est la mise en place de la « Taxe YouTube ».

«La taxe YouTube», qui cible les revenus publicitaires des plateformes de partage de vidéos, gratuites ou payantes, sur Internet, a finalement été votée par les députés dans le cadre de ce projet de loi de finances rectificatives pour 2016. Et ce malgré l’avis défavorable du gouvernement et de l’Asic, principale association française des acteurs du web. De nombreux mastodontes de l’économie numérique (Youtube, Dailymotion, iTunes, pour ne citer qu’eux) sont concernés par cette taxe de 2%. Taxe qui monte à 10% lorsque les recettes publicitaires ou de parrainage sont liées «à la diffusion de contenus et œuvres cinématographiques ou audiovisuelles à caractère pornographique ou violent».

Michel Lesage, le 09 décembre 2016

 

 

 

 

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